La structure adossée à la Fédération des CUMA 640 a développé ce service pour aider les utilisateurs à répondre à une obligation légale en vigueur depuis plus de 30 ans.
Depuis bientôt 2 ans qu’il a intégré l’équipe Top Machine, Mathieu Leproux a le regard aiguisé et les gestes précis. Les diagnostics des engins de levage font partie des différentes prestations proposées en routine au sein de sa structure, qui est adossée à la Fédération des CUMA 640.
« On observe les éventuelles fuites mais aussi l’état des châssis, des pneus, des arbres de transmission, le poste de conduite, l’usure. On fait ensuite un test de maintien de la charge, indique le technicien. Entre 30 à 45 minutes sont nécessaires par appareil. »
La vérification générale périodique des engins de levage (VGP) est une obligation légale inscrite dans le Code du travail depuis 1993 pour les équipements agricoles et complétée depuis 2004 pour les grues à tour.
Force est de constater qu’elle reste largement méconnue. Pourtant un public très large est concerné : les chefs d’exploitations, les CUMA ou entreprises de travaux agricoles qui emploient de la main-d’œuvre ou qui travaillent avec des tiers, autrement dit ayant sous leur subordination un salarié, une aide familiale, un stagiaire ou un apprenti…
Cette exigence est reprise dans le cadre du document unique d’évaluation des risques professionnels notamment (DUERP). Mais il ne faut pas éluder le risque d’un accident dont la victime serait un tiers n’appartenant pas à l’exploitation. Un visiteur par exemple. Aussi, tous les agriculteurs ont intérêt à faire vérifier leur matériel.
Des périodicités variables
« Tous les engins de levage sont soumis à cette procédure . Bien entendu, on pense aux chargeurs frontaux et chargeurs télescopiques présents en nombre sur les exploitations, mais il ne faut pas oublier tous les autres appareils. Même une chèvre d’atelier, un palan ou des petits appareils sont concernés, ainsi que les plus gros bien sûr, tels les tractopelles, les pelleteuses ou les mini-pelles », explique Mathieu Leproux.
En pratique, la VGP peut être assumée par un vérificateur attestant de ses compétences dans le domaine de la prévention des risques afférents aux équipements de travail, et de sa connaissance des dispositions réglementaires s’y rapportant. Il peut s’agir de l’exploitant lui-même ou toute personne appartenant à l’entreprise agricole, à condition de justifier des compétences adaptées, ce qui n’est pas le cas généralement. D’où la nécessité de faire appel à un organisme spécialisé pour la plupart des utilisateurs.
La périodicité de la vérification dépend du travail de levage qui est demandé au matériel. Elle est de 6 mois pour les engins de levage, tels que le chargeur à bras télescopique et tous les autres outils servant à manipuler la marchandise conditionnée (bottes de fourrage, sacs d’engrais, palettes…) . « Globalement, ceux qui disposent de pales ou de piques balles », précise Mathieu Leproux.
Les engins de manutentions et de terrassement destinés à manipuler du vrac et donc équipés d’un godet généralement doivent être contrôlés tous les 12 mois. A l’issus du diagnostic, le technicien appose un macaron sur l’engin. Les contre-visites ne sont pas obligatoire. Mais la correction des défauts est néanmoins indispensable pour assurer la conformité du matériel mis à disposition. Globalement, excepté les outils très anciens ou mal entretenus, les appareils sont certifiés conformes dès la première visite.
Au-delà de l’aspect réglementaire, Mathieu Leproux met en avant l’intérêt de cette opération en matière de maintenance préventive et pour assurer une plus grande longévité au matériel. « A chaque fois, en complément du rapport de contrôle écrit, on fait un rendu oral à l’agriculteur pour lui faire part de nos remarques. On peut lui indiquer des réparations ou des échanges à prévoir, ainsi que les délais pour les mettre en œuvre. »